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Présentation

  • : Le blog d'un Picard en Luberon
  • : Le blog du grand!!!Cela fait maintenant 14 ans que vous me lisez assidûment et je vous en remercie. Mon but est de faire profiter mes amis des bons moments que je passe en Provence et dans mon activité de Maire,entouré d'une si belle nature ainsi que la rencontre d'amitiés très fortes.Vous avez droit à tous mes états d'âme sur mes lectures , spectacles expos,rencontres. Enfin tout ce que je pense!!!!!Mais avec humour,dérision et poésie.Ce blog a été créé pour donner de mes nouvelles à tous mes amis et tous mes patients de Picardie auxquels je reste très attaché et qui me le rendent bien en m'envoyant régulièrement des mots doux. De nouveaux articles paraissent très régulièrement.Il y en a maintenant plus de 1500. INSCRIVEZ VOUS A LA NEWSLETTER en donnant votre adresse mail à gauche du blog pour être prévenu automatiquement et de façon anonyme de la parution d'un nouvel article .Pour consulter tous les articles , cliquez sur "liste complète " à droite mais vous pouvez rechercher un sujet particulier dans la rubrique"rechercher"(à gauche) Pour voir les albums de photos à droite cliquez dessus et agrandissez les photos.
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Avant-propos

Les grincheux ,sectaires, conventionnels et intolérants n'ont pas accès à ce blog.
J'essaie en effet d'y retrouver l'amitié, la tolérance , la dérision , la confidence ,la poésie et l'amour de la nature.

Ceux qui m'acceptent tel que je suis sont les bienvenus.       

Voici des fruits , des fleurs , des feuilles et des branches,
Et puis voici mon coeur qui ne bat que pour vous ,
Ne le déchirez pas avec vos deux mains blanches
Et qu'à vos yeux si beaux l'humble présent soit doux
                                                    Paul Verlaine

 

7 avril 2018 6 07 /04 /avril /2018 15:03
Mon Paris-RoubaixMon Paris-RoubaixMon Paris-Roubaix

Nous étions 6000 au départ mais,sans prompt renfort, nous fûmes 3000 en arrivant au port,aurait dit le bon Corneille.

C'était un dimanche d'Avril 1978,nous avions décidé , avec un copain,de faire Paris Roubaix amateur.Nous étions très entraînés puisque chaque dimanche matin nous faisions entre 120 et 150 km,la tête dans le guidon,pour être rentrés le dimanche vers 13 heures pour pouvoir manger avec les enfants et la douce.Bref,nous étions au top.

Nous avons fait un petit somme de 10 h à minuit le samedi soir puis,après une douche salvatrice,nous partîmes vers le départ situé à Compiègne avec un ami qui nous convoya sans encombre avec nos montures.

Mon pote et moi avions chacun un vélo neuf,tout Colombus et Campagnolo,le must,fabriqués par José Cattieau ,un ancien maillot jaune du Tour de France.Deux magnifiques vélos noir et rouge,de tailles différentes puisque nous avions presque 20 cm d'écart et vous verrez que ce détail est important.

Le départ de Compiègne s'effectua vers 3 h du matin , par pelotons de 300 coureurs et nous avions plus de 250 km devant nous avec 54 de méchants pavés.

Le premier incident ou plutôt,accident,survint au kilomètre 80.Alors que nous arrivions au détour d'un virage ,un groupe s'était arrêté sur la route;c'étaient des Belges qui entouraient un homme à terre ,inconscient,avec du sang qui s'écoulait de l'oreille.Ce détail est important puisque moi,en tant que médecin généraliste et mon pote en tant que médecin anesthésiste, avons fait immédiatement le diagnostic: fracture du crâne et plus particulièrement du rocher.

Les Belges autour du blessé criaient: "allez,Marcel,fais pas le con,on y va ".Nous avons mis du temps à leur expliquer que Marcel était dans le coma et nous avions très vite fait intervenir le SAMU.Quand Marcel fut dans l'ambulance,nous sommes remontés sur notre vélo avec les remerciements de tous et là,chose incongrue,nous avons éclaté de rire ensemble,devant les spectateurs incrédules.En effet,nous nous étions trompés de vélo (les mêmes je vous rappelle) et je descendais mes fesses sans trouver la selle alors que mon ami les avaient très en l'air.Je pense que cette position incongrue mais aussi  le stress de l'accident ont joué dans nos éclats de rire.

Après un ravitaillement organisé par nos épouses,près de Lesdins,le village où j'exerçais,nous sommes arrivés près du premier secteur pavé.Nous avions 54 km de pavés répartis vers la fin des 250 km de vélo.La première image que nous avons eu est un cycliste désolé revenant en arrière avec la roue avant pliée à angle droit et nous nous sommes regardés avec frayeur puisque nous avions 2 vélos neufs et de grande qualité.

Nous avons attaqué le premier secteur pavé long de 2km et,au bout de 150 mètres,nous n'avions plus de gourde,plus de pompe et plus de boyaux sous notre selle (puisque à cette époque notre vélo était encore équipé de boyaux) . Tout avait sauté avec les secousses des pavés et nous dûmes faire machine arrière pour retrouver nos accessoires, très utiles au demeurant. Re Fou-rire , comme vous pouvez vous en douter.Personne ne nous avait dit d'attacher tout cela.

Puis ce fut un long calvaire pour notre corps et surtout nos articulations.Les spectateurs du Nord,les Ch'tis avaient mis des tables dehors,partout dans les villages pour nous donner à boire et à manger et nous racontaient des balivernes du genre:" il reste seulement 10 km " alors que notre calvaire allait durer encore plusieurs dizaines de kilomètres.

Nous sommes arrivés à Roubaix complètement détruits et,après la douche des plaintes,nous sommes montés tous les deux derrière la voiture,la tête l'une contre l'autre,comme deux jumeaux et,en parlant,nous nous sommes endormis profondément,pour nous réveiller 100 km plus loin,en arrivant dans nos pénates.

Paris-Roubaix est une épreuve physique et morale,que je rapprocherai du Marathon:" souffrir et résister," devrait être la maxime de cette course.Même les pros trouvent cette course inhumaine.J'avais la chance de soigner un pro que j'appellerai Francis M. ,qui a fait nombre de fois cette course et qui m'a raconté sa souffrance.

Paris-Roubaix a comme surnom "l'Enfer du Nord" et il le porte bien.J'ai pu m'en rendre compte personnellement.J'avais déjà fait des sorties  de 250 km mais qui n'avaient rien à voir avec Paris-Roubaix.Dans cette course,il y a une dimension en plus:les fameux pavés qui vous secouent,qui vous ébranlent,qui vous bousculent,qui vous brimbalent,qui vous maltraitent,qui vous ballotent,bref,qui vous détruisent,tout doucement mais sûrement,jusqu'à faire baisser le cap à votre volonté .Il faut résister pour ne pas abandonner,pour ne pas se laisser aller et monter dans la voiture balai qui vous guette au fur et à mesure des kilomètres et qui semble vous dire:" j'ai de la patience et je t'attends"

Pour finir,quand on est un amateur novice,il faut plus que du courage,il faut de la fierté,il faut de l'inconscience,car la vie ce ne doit pas être ça; ce doit être du sport ludique mais du sport quand même.

Regardez demain,regardez la souffrance des hommes entrainés ,regardez l'Enfer du Nord.

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Ma citation

De mes erreurs de jeunesse,ce qui me contrarie le plus n'est pas de les avoir commises mais de ne plus pouvoir les refaire

Philosophie personnelle

Que la dérision nous apporte la légéreté,la modestie et la réflexion sur le sens de notre vie.
                                Juju