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Présentation

  • : Le blog d'un Picard en Luberon
  • : Le blog du grand!!!Cela fait maintenant 14 ans que vous me lisez assidûment et je vous en remercie. Mon but est de faire profiter mes amis des bons moments que je passe en Provence et dans mon activité de Maire,entouré d'une si belle nature ainsi que la rencontre d'amitiés très fortes.Vous avez droit à tous mes états d'âme sur mes lectures , spectacles expos,rencontres. Enfin tout ce que je pense!!!!!Mais avec humour,dérision et poésie.Ce blog a été créé pour donner de mes nouvelles à tous mes amis et tous mes patients de Picardie auxquels je reste très attaché et qui me le rendent bien en m'envoyant régulièrement des mots doux. De nouveaux articles paraissent très régulièrement.Il y en a maintenant plus de 1500. INSCRIVEZ VOUS A LA NEWSLETTER en donnant votre adresse mail à gauche du blog pour être prévenu automatiquement et de façon anonyme de la parution d'un nouvel article .Pour consulter tous les articles , cliquez sur "liste complète " à droite mais vous pouvez rechercher un sujet particulier dans la rubrique"rechercher"(à gauche) Pour voir les albums de photos à droite cliquez dessus et agrandissez les photos.
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Avant-propos

Les grincheux ,sectaires, conventionnels et intolérants n'ont pas accès à ce blog.
J'essaie en effet d'y retrouver l'amitié, la tolérance , la dérision , la confidence ,la poésie et l'amour de la nature.

Ceux qui m'acceptent tel que je suis sont les bienvenus.       

Voici des fruits , des fleurs , des feuilles et des branches,
Et puis voici mon coeur qui ne bat que pour vous ,
Ne le déchirez pas avec vos deux mains blanches
Et qu'à vos yeux si beaux l'humble présent soit doux
                                                    Paul Verlaine

 

8 février 2019 5 08 /02 /février /2019 09:28
Bavardages sur l'évolution de la Médecine et en particulier de la Médecine Générale
Bavardages sur l'évolution de la Médecine et en particulier de la Médecine Générale
Bavardages sur l'évolution de la Médecine et en particulier de la Médecine Générale
Bavardages sur l'évolution de la Médecine et en particulier de la Médecine Générale
Bavardages sur l'évolution de la Médecine et en particulier de la Médecine Générale
Bavardages sur l'évolution de la Médecine et en particulier de la Médecine Générale
Bavardages sur l'évolution de la Médecine et en particulier de la Médecine Générale
Bavardages sur l'évolution de la Médecine et en particulier de la Médecine Générale
Bavardages sur l'évolution de la Médecine et en particulier de la Médecine Générale
Bavardages sur l'évolution de la Médecine et en particulier de la Médecine Générale
Bavardages sur l'évolution de la Médecine et en particulier de la Médecine Générale
Bavardages sur l'évolution de la Médecine et en particulier de la Médecine Générale
Bavardages sur l'évolution de la Médecine et en particulier de la Médecine Générale

Je viens de lire un livre d'un ancien doyen de la faculté de Nancy,Adrien Duprez avec qui j'aurai aimé bavardé et qui,en 1987 avait tout compris des dérives de la Médecine et ce,aussi bien pour les études que pour la pratique,aussi bien pour la marchandisation de la pharmacie que pour la gestion financière des hôpitaux: tout est dans son livre,déjà à cette époque,et j'ai du mal à comprendre la bêtise des technocrates et des politiques qui nous gouvernent,de tous ces gens qui ne comprennent rien à la France et aux Français,quels que soient leurs opinions politiques,car ils sont tous plus ou moins aveuglés par leurs chères études avec l'ENA en tête évidemment.

On dit que "gouverner , c'est prévoir"  !! quelle désillusion dans la gestion du corps médical.

Je vais essayer modestement de vous donner mon avis sur ce que je connais,c'est à dire la médecine générale en quelques exemples.

- tout d'abord sur les études: ma promo était à l'époque de 7000 /France,mais,quand mon fils a été admis au concours ,le numerus clausus était de 3500,chiffre qui est resté pendant près de 15 ans,soit un déficit de 15x 3500 (7000-3500) c'est à dire 52500 de médecins formés en moins et pendant ce temps là , le baby boom,c'est à dire moi et mes confrères nés après la guerre 45,arrivait progressivement en retraite étalé sur une dizaine d'année.(les années 1945 à 1955)

Quelle catastrophe quand on pense qu' aujourd'hui il manque des dizaines de milliers de médecins.Comment a t-on pu ne pas prévoir ceci.Il faut dire que les politiques ont même pensé,pendant une période assez longue,qu'il y avait trop de médecins et que c'était cela qui plombait les comptes de notre brave sécu.On a donc proposé à ceux qui le voulaient jusqu'en 2003 de partir en retraite à 57 ans,ce dont j'ai pu bénéficier,étant un peu au bout du rouleau.Mais quelle idiotie !

Les Politiques et les technocrates ont oublié également une chose primordiale qui se dessinait peu à peu (les filles étant plus brillantes au concours),c'est la féminisation de la médecine: autrefois les hommes étaient très majoritaires dans les promos alors que maintenant c'est le contraire et ,avec raison,les femmes médecins ont voulu garder du temps libre pour la famille car nous ne sommes pas encore dans une société égalitaire et l'homme au foyer reste une bête rare.Ces femmes médecins choisissent en générale une spécialité ou une carrière hospitalière et la médecine générale fait peur,surtout en campagne.

Finissons par les études: notre génération avons tous eu des souvenirs mémorables avec des patrons internistes qui étaient des pédagogues sévères mais extraordinairement efficaces dans leur enseignement, particulièrement à l'hôpital où on enchainait les gardes pendant lesquelles les infirmières nous faisaient tout faire,où nous étions souvent seul comme médecin de nuit et je vous garantis que c'est une expérience irremplaçable.Quand on réveillait le patron en pleine nuit,il fallait que ce fut pour de bonnes raisons , sinon,nous  nous faisions démonter en public.

Nous nous lancions dans les remplacement dès la fin de la sixième année,avec la peur au ventre et le Vidal en bandoulière.Que d'expériences,quelquefois aux dépends des malades mais nous avions notre expérience des gardes hospitalières pour nous rassurer,c'est certain,mais quelle formation!!

Actuellement,les enseignants sont des techniciens de la médecine,les spécialités devenant de plus en plus pointues et les bons internistes(des super médecins généralistes) disparaissant au fil des années.

- ensuite je vous parle du métier de Médecin Généraliste qui n'est pas un vrai métier,enfin,qui n'était pas un vrai métier mais une vraie vocation.Tous ceux qui ont connu la médecine de campagne auront les mêmes souvenirs que moi:

Tout d'abord les visites à domicile: c'est vrai que j'en faisais trop au début de mon activité et c'était épuisant de courir la campagne,surtout l'hiver avec la neige et leur nombre s'est réduit fortement vers la fin. J'apprends maintenant que nombre de médecins ne veulent plus du tout se déplacer ou viennent 48h après un appel pour un enfant qui a 40 de fièvre.Or la visite m'a énormément appris des malades,de leur mode de vie,de leur caractère au foyer,de leurs passions et tout ceci a été important pour la manière de les aborder ensuite et de les soigner.Tous les patients qui viennent à la consultation se ressemblent dans leur habillement et dans leur comportement et cela manque souvent de chaleur humaine.Il faut toujours avoir vu un patient fidèle au moins une fois dans son environnement personnel pour mieux le comprendre.Être reçu avec un bon café,une bonne tarte aux pommes ou une assiette de frites était toujours un bonheur.

Et puis,rendre visite aux plus anciens,ceux qui vont du lit au fauteuil et du fauteuil au lit , comme disait Jacques Brel,c'était toujours un plaisir extraordinaire .Je leur ai réglé leur télévision,ramené des médicaments de la pharmacie dans mes débuts avant d'être remplacé par l'infirmière ou le facteur,réglé des problèmes administratifs,appelé leurs enfant pour donner des nouvelles,etc,etc, comme je suppose beaucoup de médecins de campagne.J'ai connu tous les secrets de famille,j'ai participé aux joies et aux peines et j'ai toujours eu l'impression de faire vraiment partie de la famille.

Alors,certains diront que ça n'a rien à voir avec la médecine,et ils n'auront pas tort mais pas non plus complétement raison car ,pour moi,soigner toute une famille demande souvent beaucoup de psychologie.Et connaître son public,et l'aimer avec une connivence de plusieurs dizaines d'années quelques fois,induit un acte médical autre qu'un simple acte technique.

J'ai eu récemment une jeune fille au téléphone ,que je soignais quand elle était toute petite et qui m'a appelé pour que je lui donne un conseil car elle voulait faire médecine,ayant un excellent souvenir de nos rapports passés,presque filiaux m'a t-elle dit.Je ne lui ai donné qu'un seul conseil,ni technique,ni médical,ni professionnel,non,je lui ai simplement dit que pour faire ce métier,il fallait "aimer les gens",car sinon,on s'emmerdait.Je ne me suis jamais ennuyé dans ce métier,mais je me suis fait avalé,bouffé,par mes patients et j'ai connu le burn out final qui a nécessité mon arrêt.Mais je l'ai fait parceque mes patients étaient devenus un peu ma famille.

Mais que de plaisir chaque jour de retrouver des très jeunes,des très vieux,des couples,des ados (j'adorais et j'adore toujours les ados) avec des réflexions déjantées qui me plaisaient et qui m'amusaient (je me souviens d'un gamin de 14 ans qui ,en consult,m'a dit un jour:" tu dois te faire chier toute la journée dans ton cabinet " !!!)  Et puis,il y a les histoires extraordinaires qu'on ne connait qu'en médecine générale et je vous invite à lire cette histoire que j'ai raconté il y a quelques années et qui m'interroge encore aujourd'hui:

 

J'ajoute à cette histoire vraie que vous venez peut être de lire que peu de temps après,je suis remonté en Picardie.Évidemment,vous me connaissez,je suis allé sonner à la porte de Monsieur D.Il m'a accueilli avec un plaisir non dissimulé.Nous avons discuté une demi-heure ,il était en grande forme et se souvenait de tout.Qu'en dîtes-vous ?

J'ai beaucoup d'autres histoires que je raconterai peut être un jour mais il m'est difficile de passer à l'acte maintenant car les familles peuvent se reconnaître ,étant beaucoup lu dans la région où j'ai exercé.

Et la médecine dans tout cela ? et bien elle est là et bien là.Car bien connaître ses patients,faire des petits actes techniques comme les sutures,les ECG,les frottis,les infiltrations,et surtout ne pas envoyer tous les patients que l'on connait pour leur grande anxiété dans les méandres des spécialistes ou diverses hôpitaux est irremplaçable pour les familles qui vous font confiance.Tous les médecins de campagne ou les médecins de famille vous diront la même chose.

La médecine a tendance à évoluer vers un acte technique purement et simplement.Dans mon village Picard,il n'y a plus de médecin et c'est SOS Médecins qui a souvent pris le relais,ou les gros cabinets de groupe de la ville de Saint Quentin,cabinets dans lesquels le patient n'est jamais certain d'avoir le même médecin.

Peut-être que c'est bien comme cela et que les générations montantes sont satisfaites d'avoir encore la chance de trouver un médecin ? peut-être !

Peut-être que les médecins ,je veux parler des jeunes médecins,qui n'ont pas connu notre activité trouvent la leur satisfaisante ? peut-être !

Peu-être que la médecine est-elle devenue une marchandise comme une autre ? peut-être !

Peut-être que la société qui a perdu son curé,son instituteur, a perdu également son médecin,tous n'étant pas forcément des notables mais souvent des repères ? peu-être !

Toutes ces transformations de la société vont de pair avec,pour moi,une société plus égoïste,comme je l'ai dit lors de mes voeux Pugétains( que vous pouvez lire dans un article précédent),une société dans laquelle on se confie moins car on a moins confiance,une société où le partage disparaît,une société dans laquelle TOUT a une valeur marchande.

Aujourd'hui,si le miracle apparaissait sur ma route pour retrouver mes 25 ans,je recommencerais exactement le même parcours et je reprendrais le même chemin car cela a été un vrai plaisir et j'avoue avoir beaucoup de mal à expliquer aux jeunes médecins que je rencontre et qui pensent sans doute que je suis un vieux con,que je suis un nostalgique,que je suis un passéiste,j'ai beaucoup de mal à leur faire comprendre que j'ai fait le plus beau métier du monde et qu'ils ont tort de l'écarter d'un revers de main , sans m'écouter,car on peut encore de nos jours suivre un tel parcours:il suffit "d'aimer les gens"!!!!!

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Ma citation

De mes erreurs de jeunesse,ce qui me contrarie le plus n'est pas de les avoir commises mais de ne plus pouvoir les refaire

Philosophie personnelle

Que la dérision nous apporte la légéreté,la modestie et la réflexion sur le sens de notre vie.
                                Juju